Le Jeudi 28 mai 2009
L'aéroport reste ouvert malgré la grève reconduite des pompiers
Aucun accord n'a été trouvé entre la Chambre de commerce et les pompiers de l'aéroport en grève depuis lundi. Les grévistes ont décidé de poursuivre leur mouvement. La préfecture les réquisitionnera pour ne pas interrompre le trafic aérien.
C'est un dialogue de sourds sur fond de convention collective nationale et de directive européenne : le conflit qui, depuis lundi, oppose les pompiers CGT de l'aéroport et la direction de la Chambre de commerce s'enlise. Hier, après une médiation conduite par le préfet en fin de matinée, les pompiers ont décidé de maintenir leur mouvement. De son côté, la préfecture qui envisageait la veille de mettre un terme aux réquisitions des grévistes pour permettre au trafic aérien de se poursuivre, a décidé d'user encore de ce moyen. La grève continue donc. Mais l'aéroport fonctionne quand même.
"Question de sécurité"
Le conflit porte sur les horaires et l'aménagement du temps de travail. Les pompiers réclament le passage à une amplitude de 17 h au lieu de l'amplitude de 12 h en vigueur aujourd'hui. Impossible, rétorque Bernard Fourcade, président de la chambre de commerce car il n'est pas question, pour lui, de déroger à la règle nationale qui régit le temps de travail des pompiers d'aéroport.
Pour sortir de l'impasse, il faudrait une dérogation à la convention collective nationale. "A Nancy et à Ajaccio, disent les pompiers, des accords locaux ont été signés". Ils brandissent aussi une directive européenne qui autorise des dérogations sur les horaires.
"Dans le système actuel, la sécurité de l'aéroport n'est pas optimale", argue le délégué CGT Christophe Perrin. "Il arrive que nous ne soyons que 4 en service alors que l'effectif minimum requis est 5. Là, ça ne dérange pas le président de déroger à la règle".
Jusqu'au 10 juin...
au moins
Après avoir manifesté hier matin devant la chambre de commerce, les pompiers ont été reçus en préfecture pour une réunion de médiation présidée par le préfet. Il a fait trois propositions aux grévistes (lire ci-contre) mais est resté ferme sur un point : "Lors du conflit de l'été 2007 qui portait sur la même revendication, nous avions saisi la commission paritaire nationale pour obtenir une dérogation. La réponse avait été négative. Je ne reformulerai pas cette demande qui avait été refusée il y a deux ans. Chacun assumera ses responsabilités...", a déclaré Hugues Bousiges, catégorique à l'issue de la réunion. Les pompiers, eux, vont tenter d'obtenir que la question des amplitudes horaires soit examinée par la commission paritaire nationale lors de sa prochaine réunion, le 10 juin. En attendant, ils restent en grève. Le préfet, lui, les réquisitionnera pour que l'aéroport fonctionne car "il n'est pas concevable, en cette période de crise, de freiner l'activité économique de l'aéroport, déjà difficile, pour satisfaire aux revendications d'une poignée d'agents..." . Et si le conflit dure ? Personne n'ose en parler. En Guadeloupe, le même bras de fer a duré quatre mois... S. B.